ITER et l'environnement

La fusion présente tous les atouts nécessaires pour jouer un rôle essentiel dans la future palette de nos approvisionnements énergétiques. La fusion, en effet, peut générer de l'énergie à grande échelle à partir de combustibles largement disponibles, sans émettre de dioxyde de carbone ni d'autres gaz à effet de serre. Le programme ITER constitue une étape essentielle vers les centrales de fusion de demain. Sa mise en œuvre s'effectuera dans le respect du milieu naturel, conformément à l'objectif de ses concepteurs: mettre au point une forme d'énergie pratiquement sans impact sur l'environnement.

Mesures de protection

Le marquage des arbres qui doivent être protégés, 2007. Photo: Agence Iter France. (Click to view larger version...)
Le marquage des arbres qui doivent être protégés, 2007. Photo: Agence Iter France.
Le site choisi pour le programme ITER est un terrain d'environ 180 hectares situé au cœur d'une zone boisée de 1 600 hectares. Des études approfondies ont été réalisées afin d'évaluer la biodiversité de cet environnement et de formuler des recommandations visant à limiter l'impact du chantier.

Conformément aux recommandations des spécialistes de la forêt, de la faune et de la flore consultés dans le cadre du programme, trente-neuf espèces rares ou protégées bénéficieront des mesures de protection. Deux « zones protégées » ont été délimitées par une clôture permanente afin de protéger le criquet occitan, deux espèces de papillon, deux sites de nidification de l'alouette lulu et des espèces d'orchidées rares.

Les arbres les plus anciens, marqués avant le défrichement, n'ont pas été abattus. Certains chênes abritant des colonies de grands capricornes, une espèce protégée en Europe, ont été déplacés et greffés sur des arbres plus jeunes pour garantir la survie des larves présentes dans leur tronc. Les zones de nidification des oiseaux et des chauves-souris ont été cartographiées et les activités de défrichement ont été réalisées en dehors des périodes de nidification.

Près de la moitié des 180 hectares du site ITER ont été maintenus dans leur état boisé d'origine. Les arbres abattus sur l'autre moitié du terrain ont été réutilisés en menuiserie ou à des fins de chauffage. Les plans de certains bâtiments ont été modifiés pour respecter les recommandations des études environnementales. Ainsi, une station d'épuration et des bassins de contrôle des eaux ont été déplacés vers une zone différente de celle prévue à l'origine. Au total, le coût des mesures de protection de l'environnement est estimé à quelque deux millions d'euros.

Plus des deux tiers des 2,5 millions de mètres cubes de terre et de roche déblayés pour réaliser la plate-forme ITER ont été réutilisés sur le site. Les matériaux restants sont entreposés sur place et serviront à la création d'un espace vert au terme du chantier.


Consommation d'eau et d'électricité

L'un des quatre bassins de refroidissement du site ITER. (Click to view larger version...)
L'un des quatre bassins de refroidissement du site ITER.
La chaleur intense que les réactions de fusion génèrent à l'intérieur de la machine sera évacuée par un circuit d'eau de refroidissement. Pendant sa phase d'exploitation, ITER utilisera chaque année près de 3 million de mètres cubes d'eau. Cette eau, qui proviendra du canal de Provence tout proche, sera acheminée par gravité jusqu'à l'installation de fusion par des conduites enterrées. L'eau est essentielle au fonctionnement d'ITER, mais le volume prélevé ne représentera que 2% du volume total transporté par le canal de Provence.

L'alimentation électrique du site ITER sera assurée par le réseau existant, qui alimente déjà le tokamak Tore Supra du CEA-Cadarache. Pour raccorder la machine ITER au réseau, la ligne sera prolongée d'un kilomètre sans modifier les lignes électriques actuelles. La consommation électrique du tokamak ITER variera de 120 MW en régime stationnaire à 620 MW lors des périodes de pointe de 30 secondes. Les usagers locaux ne subiront aucune perturbation.


Pendant la phase d'exploitation

La réaction de fusion produit de l'hélium, un gaz inerte et inoffensif, et des neutrons qui viendront se loger dans la paroi de la chambre à vide, chauffant et activant les matériaux qui la composent. ITER est une installation expérimentale qui n'est pas conçue pour produire de l'électricité. La chaleur générée par la réaction de fusion sera évacuée par de l'eau circulant entre les composants internes de la chambre à vide et dans sa double paroi.

ITER sera doté de deux circuits d'eau de refroidissement indépendants. L'eau provenant de la machine passera dans des échangeurs de chaleur primaire et secondaire qui abaisseront sa température puis sera stockée dans des tours de refroidissement, où elle s'évaporera en grande partie. L'eau résiduelle traversera une série de bassins de refroidissement avant d'être soumise à différentes analyses: température (maximum 30 °C), pH, hydrocarbures, chlorures, sulfates et tritium. Les résultats de ces analyses seront contrôlés par ITER avant tout rejet d'eau dans la Durance.

L'hélium produit par la réaction de fusion est au nombre des effluents gazeux qui seront évacués. Ces «gaz d'échappement», qui contiennent également du combustible non brûlé et des impuretés, seront extraits en continu de la chambre de fusion afin de maintenir la propreté et la température du plasma. Pour séparer les différents composants de l'effluent gazeux et récupérer les combustibles de fusion qui retourneront dans le cycle du combustible ITER utilisera un système de traitement des gaz très sophistiqué. Ce concept de cycle en «boucle fermée» minimise les effluents.

ITER sera équipé de systèmes de détritiation conçus pour extraire le tritium des gaz et des liquides afin de le réintégrer dans le cycle du combustible. La teneur en tritium des effluents résiduels se situera très en dessous des limites autorisées: chaque année, ITER devrait rejeter moins de 10 µSv de tritium gazeux et liquide dans l'environnement, une valeur nettement inférieure aux 100 µSv de l'objectif général de sûreté d'ITER et cent fois plus basse que la limite réglementaire française de 1 000 µSv par an. Selon les estimations des scientifiques, l'exposition annuelle d'un individu au rayonnement naturel est de l'ordre de 2 000 µSv.

Pour plus d'information sur le tritium et ITER, voir La Foire aux Questions.