ITER en chiffres

Par sa taille et ses objectifs, le programme ITER est l'une des aventures scientifiques les plus ambitieuses de notre temps. La construction de l'installation bat son plein depuis 2010 à Cadarache dans le sud de la France, où 34 nations collaborent ensemble pour réaliser le "premier plasma" de la machine d'ITER au mois de novembre 2020.

Nous vous proposons de découvrir ci-dessous certains chiffres clés du programme.


80 000 kilomètres
Le matériau supraconducteur des bobines de champ toroïdal est un composé de niobium et d'étain (Nb3Sn). 80 000 kilomètres de ces brins supraconducteurs devront être produits par l'industrie dans six des sept agences domestiques pour ITER - la Chine, l'Union européenne, le Japon, la Corée, la Russie et les États-Unis. La production a démarré en 2009 et sera achevée en 2013. 80 000 kilomètres (soit plus de 400 tonnes) représentent une augmentation significative de la production mondiale de brins Nb3Sn qui ne dépassait pas jusqu'ici 15 tonnes par an.
23 000 tonnes
Le tokamak ITER pèsera 23 000 tonnes. Il sera ainsi trois fois plus lourd que la tour Eiffel dont la masse est de 7 300 tonnes ! Le Tokamak sera assemblé à partir d'environ un million de composants.
840 mètres cubes
Avec un volume de plasma de 840 mètres cubes, ITER sera le plus gros tokamak jamais construit. Le volume de plasma des tokamaks actuellement en exploitation dans le monde, comme le JET européen ou le JT-60 japonais, n'excède pas 100 mètres cubes.
5 000 personnes
Alors qu'en 2011, 1 400 personnes sont employées sur le site ITER, leur nombre passera à  5 000 au plus fort de l'activité de construction en 2014-2015.
104 kilomètres
Les éléments les plus lourds de la machine ITER seront transportés par voie maritime jusqu'au port le plus proche du site puis acheminés le long des 104 kilomètres d'un itinéraire routier spécialement aménagé pour le programme: l'Itinéraire ITER. Les dimensions de ces éléments sont imposantes: le plus lourd d'entre eux pèsera près de 900 tonnes (avec son véhicule) et le plus grand mesurera environ dix mètres de hauteur, soit l'équivalent d'un bâtiment de quatre étages. Certains éléments ont une envergure de neuf mètres, d'autres sont longs de 61 mètres.
360 000 tonnes
La Fosse d'Isolation Sismique du tokamak (photo) abritera les fondations parasismiques du Complexe Tokamak. Le plancher de cette fosse supportera les dispositifs parasismiques, le tokamak ITER et le bâtiment du Complexe, soit une masse de quelque 360 000 tonnes. 360 000 tonnes, c'est presque le poids de l'Empire State Building à New York.
50 000 visiteurs
Le cap des 50 000 visiteurs accueillis sur le chantier ITER est franchi en septembre 2012 (presque 13 000 personnes pour la seule année 2012, dont 3 000 écoliers).
 
Les visites du chantier ITER sont ouvertes à tous (contacter visit@iter.org). Avec les grands chantiers des annés à venir, cette fréquentation devrait fortement progresser.
360 tonnes
En forme de «D», chacune des dix-huit bobines de champ toroïdal du tokamak ITER pèsera 360 tonnes. Ces bobines seront acheminées individuellement par bateau puis transportées par convoi exceptionnel radioguidé tout au long de l'itinéraire ITER. Leur poids équivaut à celui d'un Boeing 747-300 à pleine charge. Chaque bobine de champ toroïdal mesurera 14 mètres de haut et 9 mètres de large.
500 MW
Le programme de fusion ITER poursuit un double objectif: obtenir un gain énergétique net et préparer le futur réacteur de démonstration. ITER a été conçu pour produire 500 MW d'énergie à partir d'un apport externe de 50 MW, c'est-à-dire pour générer dix fois plus de puissance qu'il n'en aura reçu. Le record de puissance de fusion, détenu par le tokamak européen JET (Culham, Royaume-Uni), est de 16 MW.
150 millions de degrés
La fusion est une réaction qui se produit naturellement au cœur du Soleil, où sont réunies des conditions physiques très particulières: des températures extrêmes de l'ordre de 15 millions de degrés (pour 6 000 °C en surface) et une certaine densité de la matière. Dans une installation expérimentale, des températures beaucoup plus élevées doivent être atteintes pour déclencher la réaction de fusion. La température à l'intérieur du tokamak ITER sera de 150 millions de degrés, soit dix fois celle qui règne au cœur du Soleil.
42 hectares
Le site ITER à Cadarache, dans le département des Bouches-du-Rhône, s'étend sur une surface de 180 hectares. Sa plateforme de 42 hectares, dont le terrassement a été achevée en 2009, mesure un kilomètre de long sur 400 mètres de large, soit l'équivalent de soixante terrains de football. La construction de l'installation ITER a débuté en août 2010. 
60 mètres de haut
Le bâtiment du tokamak, la structure la plus élevée du site ITER, culminera à 60 mètres de hauteur avec un sous-sol de 13 mètres (soit 73 mètres au total). Ce bâtiment sera légèrement plus haut que l'Arc de Triomphe de Paris.
2,5 millions de mètres cubes
Deux années de travaux ont été nécessaires pour réaliser la plateforme ITER, sur laquelle la construction des bâtiments à vocation scientifique a débuté en 2010. Le site d'origine était constitué d'un petit vallon dont l'altitude variait de 290 à 335 mètres. Le nivellement de la plateforme a nécessité le déblaiement de 2,5 millions de mètres cubes de terre et de roche. Les deux tiers de ces matériaux ont été réutilisés sur place sous forme de remblais. Le tiers restant a été conservé sur le site en vue de créer un espace vert.
13 milliards d'euros
Tel est le coût estimé de la phase de construction du programme ITER sur dix ans. Le financement est assuré conjointement par les sept Membres d'ITER (qui représentent 34 pays). Dans la mesure où chacun des Membres d'ITER est responsable de la fourniture en nature des éléments de l'installation, qu'il aura fabriqués sur son propre territoire et financés avec sa propre monnaie, il est impossible d'être plus précis dans l'estimation des coûts. Pour en savoir plus, voir la Foire aux Questions.