ITER en chiffres

Par sa taille et ses objectifs, le programme ITER est l'une des aventures scientifiques les plus ambitieuses de notre temps. L'assemblage de la machine bat son plein à Saint-Paul-lez-Durance dans le sud de la France, où 35 nations collaborent ensemble pour réaliser le plus grand tokamak au monde. Nous vous proposons de découvrir ci-dessous certains chiffres clés du programme.

100 000 Kilomètres

Le matériau supraconducteur des bobines de champ toroïdal est un composé de niobium et d'étain (Nb3Sn). 100 000 kilomètres de ces brins supraconducteurs ont été produits par l'industrie dans six des sept agences domestiques pour ITER - la Chine, l'Union européenne, le Japon, la Corée, la Russie et les États-Unis. La production a démarré en 2009 et s'est achevée en 2014. 100 000 kilomètres (soit plus de 400 tonnes) représentent une augmentation significative de la production mondiale de brins Nb3Sn qui ne dépassait pas 15 tonnes par an.

104 Kilomètres

Les éléments les plus lourds de la machine ITER sont d'abord transportés par voie maritime jusqu'au port de Marseille-Fos, puis acheminés le long des 104 kilomètres d'un itinéraire routier spécialement aménagé pour le programme : l'itinéraire ITER. Les dimensions de ces éléments sont impressionnantes : le plus lourd d'entre eux pèse près de 900 tonnes (avec son véhicule) et le plus grand mesure environ dix mètres de hauteur, soit l'équivalent d'un bâtiment de quatre étages. Certains éléments ont une envergure de neuf mètres et d'autres sont longs de 33 mètres.

150 Millions de degrés

La fusion est une réaction qui se produit naturellement au cœur du Soleil, où sont réunies des conditions physiques très particulières: des températures extrêmes de l'ordre de 15 millions de degrés (pour 6 000 °C en surface) et une certaine densité de la matière. Dans une installation expérimentale, des températures beaucoup plus élevées doivent être atteintes pour déclencher la réaction de fusion. La température à l'intérieur du tokamak ITER sera de 150 millions de degrés, soit dix fois celle qui règne au cœur du Soleil.

259 335 Visiteurs

Depuis le démarrage du chantier ITER en 2007, 259335 visiteurs ont été accueillis par les équipes d'ITER Organization et de l'Agence Iter France. En 2025, 19444 visiteurs ont passé les portail du chantier. 

Les visites du chantier ITER sont ouvertes à tous (plus d'information ici). ITER Organization propose également des visites virtuelles en français et en anglais.

23 000 Tonnes

Le tokamak ITER pèsera 23 000 tonnes. Il sera ainsi trois fois plus lourd que la tour Eiffel, dont la masse est de 7 300 tonnes ! Il sera assemblé à partir d'environ un million de composants.

Deux fois la poussée d'une navette spatiale

La structure du solénoïde central du tokamak ITER — un électroaimant de 1 000 tonnes placé dans l'axe de la machine — doit pouvoir résister à des forces équivalant à deux fois la poussée des moteurs d'une navette spatiale au moment du décollage — soit 60 méganewtons, ou plus de 6 000 tonnes.

310 Tonnes

Chacune des dix-huit bobines de champ toroïdal en forme de « D » du tokamak ITER pèse 310 tonnes. C'est plus lourd qu'un Airbus A340 à pleine charge (environ 250 tonnes), mais moins qu'un Airbus A380 (394 tonnes). Chacune d'entre elles mesure 17 mètres de haut pour 9 mètres de large.

400 000 Tonnes

Le radier du complexe tokamak supportera au total 400 000 tonnes, y compris les bâtiments, le tokamak de 23 000 tonnes et ses équipements. Ce poids équivaut à celui de l'Empire State Building, à New York.

42 Hectares

Le site ITER, situé à Saint-Paul-lès-Durance, dans les Bouches-du-Rhône, s'étend sur 180 hectares. Sa plateforme de 42 hectares, dont le terrassement a été achevé en 2009, s'étend sur un kilomètre de long pour 400 mètres de large, soit l'équivalent de soixante terrains de football. La construction de l'installation ITER a débuté en août 2010. Aujourd'hui, les bâtiments de l'installation scientifique sont presque achevés. Pour plus d'informations, consultez la page Construire ITER.

Photo : ITER Organization/EJF Riche

5 000 Personnes

Alors qu'en 2014, 1 400 personnes travaillaient dans les bureaux et sur le site ITER, ce chiffre a aujourd'hui atteint près de 5 000.

500 MW

Le programme de fusion ITER poursuit un double objectif : obtenir un gain énergétique net et préparer le futur réacteur de démonstration. Conçu pour produire 500 MW d'énergie pendant 400 à 600 secondes à partir d'un apport externe de 50 MW, ITER doit générer dix fois plus de puissance qu'il n'en aura reçu (Q ≥ 10). Le record de puissance de fusion, détenu par le tokamak européen JET (maintenant retiré du service), est de 16 MW pour 24 MW apportés (Q = 0,67).

60 Mètres de haut

Le bâtiment du tokamak, la structure la plus élevée du site ITER, culmine à 60 mètres de hauteur avec un sous-sol de 13 mètres (soit 73 mètres au total). Ce bâtiment est légèrement plus haut que l'Arc de Triomphe de Paris.

830 Mètres cubes

Avec un volume de plasma de 830 mètres cubes, ITER sera le plus gros tokamak jamais construit. Le volume de plasma du tokamak le plus grand actuellement en exploitation dans le monde, le JT-60SA au Japon, n'excède pas 100 mètres cubes. Le très grand volume de plasma dans ITER permettra d'atteindre un état jamais réalisé sur terre—un plasma en combustion (« burning plasma »). Dans un plasma en combustion, des noyaux d'hélium issus de la réaction de fusion (« particules alpha ») suffisent à entretenir sa température. Les scientifiques attendent d'étudier cet état de la matière depuis plus de 50 ans.