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  • In the heart of the Korean tokamak KSTAR, in operation since 2008, a plasma pulse burns brightly.  But don't be fooled—the brightest areas of the photo are in fact the coolest. At 150 million °C (the temperature in the centre), the plasma doesn't emit in the spectrum of visible light. © National Fusion Research Institute, Korea

    Chaud devant!

    Dans les profondeurs du Soleil, où les réactions de fusion prennent naissance, la température atteint 15 millions de degrés centigrades. Au cœur du plasma d'ITER, elle sera de l'ordre de 150 à 300 millions de degrés. [...]

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  • The number of visitors has been steadily increasing since 2007, with over 67,000 cumulative visitors to the site.

    Près de 15 000 visiteurs en 2013

    Près de 15 000 visiteurs ont été accueillis sur le site ITER en 2013. L'organisation de ces visites est assurée par ITER Organization (ITER Visit Team) et par l'Agence Iter France, cette dernière se consacrant particulièrement aux populations scolaires. [...]

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  • For approximately ten hours a continuous flow of concrete poured from two long pumps—800 cubic metres in all for a corner of the basemat that measures 21 x 26 metres.

    Du béton tiède dans l'aube glacée

    Bien avant l'aube, le 11 décembre dernier, les premiers mètres-cubes de béton ont été coulés sur la dalle du Complexe Tokamak («B2 slab»). [...]

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  • The Tore Supra tokamak, at the French research centre CEA Cadarache, is undergoing a profound transformation to become a test bed for the ITER tungsten divertor.

    Ils se lèvent tous pour ITER

    Dans sa quête de l'énergie de fusion, ITER ne chemine pas seul. D'autres tokamaks, en Europe, aux Etats-Unis, en Corée, au Japon, travaillent en éclaireurs, balisant le terrain qu'ITER commencera à explorer dans moins de dix ans. [...]

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Mag Archives

35 nations, 40 langues, quelle culture?

-R.A.

L'anglais, langue maternelle d'à peine 15% du staff ITER, est la langue de travail quotidienne. Mais pour se comprendre, une langue commune ne suffit pas. (Click to view larger version...)
L'anglais, langue maternelle d'à peine 15% du staff ITER, est la langue de travail quotidienne. Mais pour se comprendre, une langue commune ne suffit pas.
Sur les rives de Durance, à mi-chemin d'Aix-en-Provence et de Manosque, une petite communauté s'est créée — un demi-millier de personnes, venues de 35 pays avec leur langue, leur culture, leurs habitudes de vie et leurs méthodes de travail.

Il y a parmi eux des physiciens, des secrétaires, des ingénieurs, des comptables, des administrateurs, des spécialistes d'une multitude de domaines différents. Certains viennent des grands laboratoires de recherche, d'autres de l'industrie ou des grandes organisations internationales.

Ces hommes et ces femmes ont été rassemblés pour construire ITER. Les plus âgés ont travaillé pendant plus de trente ans pour voir aboutir ce projet ; les plus jeunes venaient au monde quand le programme fut officiellement lancé à la fin de l'année 1985.

L'anglais, langue maternelle d'à peine 15% d'entre eux, est leur langue de travail quotidienne. Mais pour se comprendre, une langue commune ne suffit pas. C'est là toute la difficulté et toute la richesse du multiculturalisme au sein de l'organisation internationale ITER.

A l'exception des Nations unies, une telle diversité de langues, d'origines et de cultures (nationales et professionnelles) ne se rencontre pas. Aux Nations Unies toutefois, chacun œuvre pour le pays qu'il représente — à ITER, quel que soit le pays d'origine, tous sont mobilisés par la réalisation de l'objectif commun.

Travailler à ITER, c'est être confronté, à chaque instant à la 'différence' de l'autre, explique Shawn Simpson, qui anime ateliers, séminaires et événements dédiés à « l'interculturalité » au sein de l'organisation. Et les pièges, linguistiques autant que culturels, sont nombreux. »

Traduits dans la ligua franca d'ITER, un simple « oui », un simple « non » ; un « je souhaite », un « je voudrais » peuvent exprimer des intentions très différentes selon qu'ils sont prononcés par un Japonais, un Chinois, un Américain, un Européen du sud ou du nord, un Indien, un Russe ou un Coréen...

Un geste, amical pour l'un, risque d'être perçu comme excessivement familier par l'autre ; un haussement de ton, banal dans telle culture, sera peut-être ressenti dans une autre comme une agression difficilement supportable.

La formulation des courriels — et il s'en échange des dizaines de milliers, chaque jour, au sein de l'Organisation — reflètent eux aussi les valeurs et les traditions de chaque langue, culture ou groupe national. Ici, les formules de politesse sont de règle ; là, elles sont considérées comme superflues. D'où, parfois, de sérieux malentendus.

Le rapport à l'autorité, à la hiérarchie, peut être totalement différent d'une culture à l'autre : souple, collaboratif chez les uns ; plus rigide, plus autoritaire chez les autres.

Travailler à ITER, c'est être confronté, à chaque instant à la 'différence' de l'autre, explique Shawn Simpson, qui anime ateliers, séminaires et événements dédiés à « l'interculturalité » au sein de l'organisation. (Click to view larger version...)
Travailler à ITER, c'est être confronté, à chaque instant à la 'différence' de l'autre, explique Shawn Simpson, qui anime ateliers, séminaires et événements dédiés à « l'interculturalité » au sein de l'organisation.
« « La compréhension mutuelle repose sur une remise en question permanente de soi, dit Shawn, Américaine née au Vietnam et qui a grandi, entre autre lieux, en France, au Nigéria, en Australie. « Quand les problèmes surviennent, c'est toujours une question d'ego — quelle que soit la nationalité. »

En dépit de ces écueils, de ces « champs de mines » comme dit Shawn, au travers desquels il faut apprendre à progresser, les hommes et les femmes d'ITER se comprennent. Mieux : ils s'enrichissement mutuellement de leurs particularismes. « On apprend des autres, constamment ; et on apprend beaucoup sur soi. C'est quand même une chance extraordinaire... »

Depuis que les tout premiers arrivants se sont installés dans les préfabriqués mis à leur disposition par le CEA, en 2006, une culture nouvelle s'est peu à peu élaborée, nourrie des apports de toutes les autres. « Quand des Américains vont assister à un spectacle de danse traditionnelle japonaise en France, là, je me dis : l'interculturalité, à ITER, ça marche ! »

Les grandes entreprises humaines, qu'elles soient scientifiques ou non, seront toutes, demain, fondées sur de très larges collaborations internationales. Ce que les hommes et les femmes d'ITER « inventent » et vivent quotidiennement n'est peut-être pas encore un modèle. Mais c'est une expérience exceptionnellement riche, qui suscite déjà l'intérêt d'autres structures internationales.