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Egalement dans ce numero

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    Et vogue le convoi...

    Au mois de septembre dernier, un premier «convoi-test», reproduisant les conditions de transport des pièces du Tokamak, avait permis de mesurer la résistance des ouvrages d'art qui jalonnent les 104 kilomètres de «l'ItinéraireITER», entre l'Etang de Berre et le site de Saint-Paul-lez-Durance. [...]

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  • From left to right: Mark Oliphant (1901-2000); Lyman Spitzer (1914-1997); Arthur Eddington (1882-1944); Hans Bethe (1906-2005); and Ernest Rutherford (1871-1937).

    Qui a « inventé » la fusion ?

    Les visiteurs, que l'on accueille par milliers sur le site d'ITER, posent souvent cette question: «Qui a découvert (ou inventé) la fusion?» [...]

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    L'art de tisser l'acier

    Au centre de la fosse du tokamak, le ferraillage dessine un vaste cercle, tissé de barres d'acier de 40 millimètres de diamètre. Une fois le béton coulé, cette structure complexe, étagée sur 16 niveaux, supportera toute la masse de la machine. [...]

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    ITER, et après ?

    Dans le monde de la fusion, les programmes de recherche ne se succèdent pas, ils se chevauchent. On réfléchissait déjà à ce que pourrait être ITER (sous le nom d'INTOR) lorsque le JET européen était en chantier au début des années 1980; on s'attelle aujourd'hui à la conception de DEMO,alors qu'ITER commence tout juste à sortir de terre. [...]

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Mag Archives

Quand la fusion était (presque) là

La Foire Universelle de New York ouvrit ses portes le 22 avril à Flushing Meadows, un immense park du comté de Queens, à l'est de Manhattan. Le pavillon de la General Electric, baptisé « Pays du Progrès » y proposait une « Démonstration de fusion » qui fascinait les visiteurs. (Click to view larger version...)
La Foire Universelle de New York ouvrit ses portes le 22 avril à Flushing Meadows, un immense park du comté de Queens, à l'est de Manhattan. Le pavillon de la General Electric, baptisé « Pays du Progrès » y proposait une « Démonstration de fusion » qui fascinait les visiteurs.
En 1964, il y a tout juste 50 ans, l'avenir avait des airs de science-fiction. La France et le Royaume-Uni lançaient le programme Concorde, les Américains préparaient les premières missions lunaires et la première greffe d'un cœur (de chimpanzé) était réalisée sur un être humain.

De ce monde plein de promesses, l'Exposition universelle de New York fut la prodigieuse vitrine. Entre le 22 avril 1964 et le 17 octobre 1965, elle allait accueillir quelque 51 millions de visiteurs — plus que la population française de l'époque.

Les attractions y étaient nombreuses et spectaculaires. Au pavillon de la société General Electric (le « Pays du Progrès »), on se pressait autour d'une étrange machine, un tube de quartz entouré d'aimants d'où jaillissait, à intervalles réguliers, un éclair aveuglant, suivi d'un claquement sec — l'Expérience de fusion nucléaire.

« Pour la première fois, pouvait-on lire dans le guide officiel de l'Exposition, le public pourra observer comment, pendant quelques millionièmes de seconde, un champ magnétique compresse un gaz de deutérium porté à la température de 10 millions de degrés ». Le guide mentionnait « l'éclair brillant », le craquement des « atomes entrant en collision», preuve, « attestée par les instruments », d'une production d'énergie.

''Au terme du compte à rebours, de brillants éclairs jaillissaient, accompagnés d'un fort claquement —preuve que General Electric maîtrisait les réactions nucléaires qui font briller le Soleil », écrivait un historien qui évoquait la dimension presque magique de la « Démonstration de fusion ». (Click to view larger version...)
''Au terme du compte à rebours, de brillants éclairs jaillissaient, accompagnés d'un fort claquement —preuve que General Electric maîtrisait les réactions nucléaires qui font briller le Soleil », écrivait un historien qui évoquait la dimension presque magique de la « Démonstration de fusion ».
 L'expérience laissait le visiteur convaincu qu'avant peu, la « collision des atomes » générerait suffisamment d'énergie pour envisager la production d'électricité à échelle industrielle. Pour General Electric toutefois, l'Expérience de fusion nucléaire de 1964 marquait la fin d'une aventure. La société, qui s'était engagée dans la recherche sur la fusion dès 1956, l'abandonnerait en 1965, considérant comme « faible » la possibilité de développer, « dans un proche futur [...]  une centrale de production économiquement viable ».

Cinquante ans ont passé. Depuis le tube de quartz du Pays du Progrès, depuis le confinement, pendant quelques millionièmes de seconde, d'un plasma porté à 10 millions de degrés, les progrès ont été immenses. Au-delà d'ITER, au-delà de DEMO (voir article p. 2), la « centrale de production économiquement viable » se dessine désormais sur l'horizon des années 2050 — à peine plus distante que le « proche futur » de 1965.