Il était une fois ITER...

La civilisation du XIXe et du XXe siècle s'est construite sur l'exploitation de l'énergie issue des combustibles fossiles. Mais brûler du charbon, du pétrole et du gaz naturel s'est révélé extrêmement dommageable pour l'environnement, et l'équilibre climatique de la planète a été gravement perturbé par les émissions de dioxyde de carbone et de gaz à effet de serre.

Tandis que la consommation d'énergie mondiale est appelée à tripler d'ici la fin du siècle, les sources de combustibles fossiles sont en voie d'épuisement et leur exploitation fait peser de lourdes menaces sur notre environnement. Nous sommes aujourd'hui confrontés à deux questions particulièrement préoccupantes : comment se procurer cette énergie supplémentaire, et comment y parvenir sans augmenter dangereusement le taux de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ?

Aucune nation ne pourra relever seule ce double défi.


Une coopération internationale pour une nouvelle source d'énergie

Le Président américain Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, Secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique, décident de lancer un programme international visant à développer l'énergie de fusion à des fins pacifiques et ce « pour le plus grand bénéfice de l'humanité ». Genève, 1985. (Click to view larger version...)
Le Président américain Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, Secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique, décident de lancer un programme international visant à développer l'énergie de fusion à des fins pacifiques et ce « pour le plus grand bénéfice de l'humanité ». Genève, 1985.
Il y a vingt-cinq ans, plusieurs nations industrialisées se sont associées pour lancer un programme visant à développer une nouvelle source d'énergie plus propre et plus durable.

Au mois de novembre 1985, à Genève, après s'être concerté avec le président français François Mitterrand et le Premier ministre britannique Margaret Thatcher, Mikhaïl Gorbatchev, Secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique a proposé au président américain Ronald Reagan de mettre en place un programme international visant à développer l'énergie de fusion à des fins pacifiques.

Le programme ITER était né. Les premiers pays signataires de l'accord, l'Union soviétique, les États-Unis, l'Union européenne (via Euratom) et le Japon, furent rejoints par la République populaire de Chine et la République de Corée en 2003, puis par l'Inde en 2005. Ensemble, ces sept nations ou groupes de nations représentaient plus de la moitié de la population mondiale.

Les études de conception du programme de fusion ont débuté il y a vingt ans, en 1988. Après plusieurs phases de travail de plus en plus précises, la conception définitive d'ITER a été ratifiée par les Membres en 2001. De nouvelles négociations ont ensuite abouti au Joint Implementation Agreement, un accord qui définit en détail les phases de construction, d'exploitation et de démantèlement d'ITER, ainsi que les aspects financiers, organisationnels et humains.

Les grandes puissances mondiales se sont fédérées au sein d'ITER pour mener à bien l'un des projets scientifiques internationaux les plus vastes et les plus ambitieux de tous les temps. ITER, qui signifie « le chemin » en latin, est fondé sur un niveau de collaboration scientifique sans précédent. Les sept Membres du programme fourniront les principaux éléments de la machine à ITER Organization sous forme de contribution « en nature ». Dans cette perspective, chaque partenairea créé une « agence domestique » qui gère les contrats industriels. Les Membres d'ITER sont convenus de participer, ensemble, à tous les aspects du programme : recherche scientifique, approvisionnement, financement, ressources humaines, etc. afin que chacun d'eux puisse disposer, à terme, du savoir-faire nécessaire pour construire sa propre centrale de fusion.

Le choix de l'implantation d'ITER a fait l'objet d'une longue procédure qui a abouti le 28 juin 2005. Ce jour-là, les hauts représentants des Membres d'ITER se sont réunis à Moscou pour valider, à l'unanimité, le site proposé par l'Union européenne: c'est à Cadarache, près d'Aix-en-Provence, (Bouches-du-Rhône), que serait construite l'installation ITER.

Signature de l'Accord ITER

La signature de l'Accord ITER à Paris, au Palais de l'Élysée, le 21 novembre 2006. (Click to view larger version...)
La signature de l'Accord ITER à Paris, au Palais de l'Élysée, le 21 novembre 2006.
L'Accord ITER a été officiellement signé le 21 novembre 2006 par les ministres des sept Membres d'ITER réunis au palais de l'Élysée, à Paris, en présence du Président français Jacques Chirac et du Président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso. L'Accord a donné lieu à la création d'une entité juridique internationale chargée de la construction, de l'exploitation et du démantèlement ultérieur d'ITER.

En février 2007, la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom) et le gouvernement japonais ont signé un accord baptisé «Approche élargie», portant sur un programme de recherche et de développement destiné à soutenir ITER pendant une période de dix ans. Trois projets ont ainsi été lancés dans les domaines suivants : tests de matériaux, expériences et simulations avancées du plasma et mise en place d'une équipe de conception chargée de l'étude d'un réacteur de démonstration DEMO appelé à succéder à la machine ITER. Les projets inclus dans l'approche élargie s'inscrivent en complément de tout ce qui est entrepris à travers le monde pour réaliser ITER. Ces projets sont d'une importance capitale pour la maîtrise de l'énergie de fusion.

L'Accord ITER est entré en vigueur le 24 octobre 2007, après ratification par l'ensemble des Membres, donnant officiellement naissance à l'ITER Organization.