ITER et la sûreté La sûreté est une des grandes priorités d'ITER. Nous devons veiller à la sûreté du programme, de son personnel et des équipes intervenant sur le site, de la population locale et de l'environnement. La réglementation nucléaire française a été appliquée tout au long du processus de conception et le sera également pendant les phases de construction, d'exploitation et de démantèlement.
La fusion est-elle une technologie sûre ? Dans une machine de fusion de type tokamak, la quantité de combustible présente dans la chambre ne permet d'alimenter la combustion que pendant quelques secondes. Dans la mesure où les conditions très spécifiques de la réaction de fusion sont difficiles à obtenir et à maintenir, toute perturbation entraînera un refroidissement quasi instantané du plasma et un arrêt de la réaction, de la même façon qu'un brûleur à gaz s'éteint lorsqu'on ferme le robinet d'alimentation. Le processus de fusion ne présente donc aucun risque en soi et il n'existe aucun danger d'emballement de la réaction ou d'explosion. ![]() Conformément à la réglementation, ITER Organization se soumet régulièrement aux contrôles et inspections des autorités nucléaires françaises. Photo ITER Organization, avril 2012 La manipulation du tritium radioactif exige-t-elle des précautions particulières ? Les concepteurs d'ITER ont exploité le retour d'expérience du tokamak européen JET et des autres laboratoires de recherche pour mettre au point une procédure de gestion du tritium qui intègre les mesures de sûreté les plus récentes et les plus efficaces. Le tritium est une substance radioactive que l'on utilise également dans certaines applications médicales et technologiques. Les techniques de manipulation et d'entreposage sont donc parfaitement maîtrisées. ITER a été conçu de manière à prévenir les rejets de tritium et à protéger les personnels contre toute exposition à la radioactivité. ITER appliquera les procédures de sûreté qu'exigent la réglementation française et internationale. Le site est classé «Installation Nucléaire de Base» par les autorités françaises. Au terme de l'Enquête publique qui s'est déroulée dans les communes proches de Cadarache en 2011, la Commission d'Enquête Publique a rendu un avis favorable. Le 20 juin 2012, l'ASN a officiellement informé ITER Organization qu'au terme d'une analyse technique approfondie, les conditions opérationnelles et le design d'ITER, tels qu'ils sont décrits dans les Dossiers de sûreté de l'installation, sont conformes aux exigences de sûreté. Le 10 novembre 2012, le décret autorisant la création de INB ITER — la première installation de ce type en France - a été signé par le Premier ministre, validant ainsi la sûreté de l'installation ITER et autorisant la poursuite des travaux de construction. Dans le cadre de ses responsabilités d'exploitant nucléaire, ITER Organization procédera à des contrôles réguliers de l'installation pendant les phases de construction et d'exploitation. Conformément à la réglementation, ITER Organization devra aussi se soumettre aux contrôles et inspections des autorités nucléaires françaises. Dispositif technique de sûreté Le confinement du tritium dans le cycle du combustible est l'un des principaux objectifs de sûreté d'ITER. La protection contre la diffusion et les rejets de tritium est assurée par un système de confinement basé sur des barrières multiples. La chambre à vide constitue la première de ces barrières de sûreté. C'est dans cette enceinte sous vide, à double paroi d'acier, que se produisent les réactions de fusion. L'ensemble des pompes, des conduites, des vannes et des instruments raccordés à la chambre à vide sont parfaitement étanches. Ce premier système de confinement est entouré d'une deuxième barrière de sûreté: les cuves et installations situées autour de la chambre à vide, y compris les bâtiments, ainsi que les systèmes de détritiation avancés qui récupèrent le tritium présent dans différents gaz et liquides. Les systèmes de détritiation d'ITER sont particulièrement efficaces; ils confineront les combustibles de fusion dans un cycle fermé, garantissant des niveaux de rejets très inférieurs aux limites réglementaires. Tous les processus d'ITER qui impliquent une manipulation du tritium seront regroupés dans une usine tritium de sept étages: réception, entreposage, recyclage, purification et extraction. Déchets ![]() La réaction de fusion produit de l'hélium, un gaz inoffensif, et des neutrons. Les matériaux qui constituent les parois des composants internes et de la chambre à plasma sont progressivement activés par l'impact des neutrons de très haute énergie. Les matériaux internes peuvent également être contaminés par de petites quantités de poussières radioactives (béryllium et tungstène principalement) et par le tritium. Dans l'installation ITER, ces matériaux seront confinés selon le principe des poupées russes: les matériaux les plus radioactifs seront placés au centre et entourés de plusieurs couches de protection. Pour éviter toute exposition du personnel à la radioactivité, la maintenance et la remise en état des éléments radioactifs du tokamak seront effectuées par des machines et des équipements télémanipulés. Le tokamak sera entièrement entouré d'un mur en béton de deux mètres d'épaisseur, ultime barrière de protection appelée «enceinte de protection biologique» (bioshield). Pendant la période d'exploitation d'ITER, l'entretien des éléments de la chambre à vide se fera par télémanipulation. Tous les déchets seront traités, conditionnés et entreposés sur le site. La demi-vie de la plupart des isotopes radioactifs présents dans ces déchets est inférieure à dix ans et la réaction de fusion ne produira pas de déchets à vie longue: en un siècle, la radioactivité de ces matériaux aura suffisamment diminué pour permettre leur recyclage dans les futures centrales de fusion. Ce délai de cent ans pourrait encore diminuer avec les machines du futur grâce au développement de matériaux à «faible activation», un domaine qui est au cœur des travaux de recherche et de développement dans le domaine de la fusion. Sûreté au travail Conformément à la réglementation française sur la sécurité au travail et afin de se prémunir contre les risques potentiels, un système intégré de gestion de la sûreté sera mis en place sur le site ITER. Ces risques potentiels seront évalués département par département de manière à mettre en place des mesures de sûreté appropriées. Les risques non radiologiques suivants sont pris en compte sur le site ITER: incendie, exposition aux champs magnétiques et électromagnétiques, exposition aux substances chimiques et aux fluides cryogéniques, hautes tensions. Pour garantir la protection des personnels, l'accès au bâtiment du tokamak sera strictement interdit pendant son fonctionnement. Pour plus d'information sur ITER et la sûreté, veuillez consulter La Foire aux Questions. |
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