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Le Mot du Directeur

Dans le domaine de la fusion, ITER est une installation de recherche scientifique et technologique sans équivalent. Pour l'avenir de nos approvisionnements en énergie, c'est une étape essentielle.

Sûre, abondante, économiquement compétitive, sans impact sur l'environnement, sans risque lié à la prolifération et non-productrice de déchets de haute activité à vie longue, l'énergie de fusion est une énergie durable, fondée sur une ressource naturelle abondante. ITER et l'énergie de fusion forment l'héritage que nous aurons la fierté de léguer à nos enfants.

Le programme ITER connaît une intense activité. Sur le site, à Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône), les travaux de construction s'accélèrent. Le Complexe tokamak prend forme et les bâtiments auxiliaires sortent de terre. Dans le monde entier, des centaines d'usines produisent à un rythme soutenu les pièces, composants et systèmes de la machine et de l'installation. Les premiers éléments industriels ont déjà été installés, d'autres sont en cours d'acheminement. La plupart des contrats de fabrication ont été signés. Le premier grand acte de l'assemblage de la machine aura lieu en mars 2020, avec l'installation de la base du cryostat.

Nous avons transformé ITER Organization pour créer une véritable « culture de projet », commune à l'Équipe centrale et aux Agences domestiques. Ensemble, nous avons établi un calendrier intégrant de manière exhaustive le planning des quelque 150 000 activités qui concourent à la construction de la machine ITER.

Le programme ITER a franchi une étape importante au mois de novembre 2017: la réalisation de plus de 50% des activités de conception, construction des bâtiments, fabrication, assemblage et installation des équipements indispensables à la production du premier plasma en 2025.

Cet accomplissement majeur est le fruit des contributions individuelles et collectives des sept membres du programme international ITER, représentant 35 pays dont la France, et témoigne de la force de leur engagement.

Le premier plasma, programmé pour le mois de décembre 2025, constitue la première phase du programme opérationnel de la machine ITER. Dans le cadre d'une approche graduelle, cette première phase sera suivie d'opérations d'une complexité croissante qui permettront d'aborder la production de plasmas nucléaires (deutérium-tritium) délivrant la pleine puissance de fusion de l'hydrogène envisagée (500 MW) à compter de 2035.

Je vous invite à devenir « partenaire » d'ITER ; à explorer notre site web ; à prendre la mesure des promesses de la fusion. ITER est une illustration de ce que peut apporter une grande collaboration internationale : une contribution essentielle au devenir de notre civilisation.

Bernard Bigot, le directeur général d'ITER Organization Photo:©CEA-L.Godart

INTERVIEWS

« ITER, vers la maîtrise de l'énergie des étoiles »

La Revue de l'Energie, N°645 / Juillet-Août 2019

-- Bernard Bigot

Au cœur du Soleil et des étoiles, les noyaux d'hydrogène fusionnent et libèrent de formidables quantités d'énergie. Sitôt cette réaction identifiée il y a tout juste un siècle, une ambition s'est faite jour : reproduire sur Terre, ce que la nature accomplit de manière continue depuis des milliards d'années et accéder à une source d'énergie virtuellement inépuisable, sûre, propre et apte à répondre aux besoins des générations futures. ITER, acronyme de International Thermonuclear Experimental Reactor, mais également le mot latin qui signifie « le chemin », est l'aboutissement de cette ambition. A Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône), la Chine, l'Europe, l'Inde, le Japon, la Corée, la Russie et les Etats-Unis ont mis en commun leurs moyens pour construire et exploiter la plus puissante des installations de fusion jamais conçue et démontrer la faisabilité de l'énergie des étoiles.

Lire le dossier de 14 pages dans La Revue de l'Energie (N°645/Juillet—Août 2019).

« ITER : vers une révolution énergétique »

Société Française d'Energie Nucléaire (SFEN)

Entretien avec Bernard Bigot, directeur général d'ITER Organization, propos recueillis par Tristan Hurel

Pourquoi le programme ITER ? Le projet ITER a une raison simple. Le monde doit trouver une alternative à la consommation massive des énergies fossiles dont nous dépendons encore beaucoup trop et dont les effets sur le réchauffement climatique et notre société ne seront plus tenables dans les décennies à venir. De surcroît, leurs réserves ne sont pas inépuisables. Ce projet est donc né de cette aspiration, partagée par les sept partenaires d'ITER (Union européenne, États-Unis, Japon, Chine, Inde, Russie, Corée du Sud). Il s'agit de progresser dans la démonstration de la faisabilité de la fusion d'hydrogène à des fins de production d'énergie.

Le coût du projet est parfois reproché : qu'en est-il ? Disposer d'une installation opérationnelle pour produire un premier plasma en 2025 et finaliser son équipement en vue des opérations nucléaires à partir de 2035 représente un coût approximatif de 20 milliards d'euros. Ce coût est modeste au regard de l'ambition du projet et de la machine en cours de construction, dont la taille et la complexité sont inédites. Si nous réussissons à faire la démonstration de la fusion nucléaire à l'échelle industrielle grâce à ITER, cet investissement de départ paraîtra dérisoire. Rappelons qu'ITER pourrait permettre de développer une technologie qui se substituera à des énergies fossiles dont le coût économique et l'impact sur l'environnement, le climat et la santé des populations sont sans commune mesure avec les moyens mis en œuvre pour maîtriser la fusion nucléaire. Si nous ne faisons pas cet investissement majeur, nous condamnons nos générations futures à réduire leurs choix en matière d'énergie. Il faudra revenir au temps où les énergies fossiles n'existaient pas, c'est-à-dire ne dépendre que des énergies renouvelables. Ce serait incompatible avec une population estimée à près de 10 milliards d'habitants d'ici 2050, notre organisation sociale, la concentration urbaine, etc.

En France, les grands chantiers nucléaires connaissent des retards. Avez-vous rencontré des difficultés similaires sur ITER et pourquoi ? Les grands chantiers de la fission connaissent du retard parce qu'il y a eu une rupture de construction pendant plus de vingt ans en France, autant d'années où le savoir-faire n'a pas été transmis. ITER est différent. C'est le premier du genre. Nous devons inventer non seulement la technologie de la fusion, mais aussi anticiper, créer son industrialisation. Ce projet a démarré en 2005 avec la motivation, l'ambition — et peut-être la croyance — que parce qu'il était bien défini sur le papier, il serait possible de le construire en 10 ans comme n'importe quelle autre installation d'envergure. C'était une mauvaise appréciation, car quand vous utilisez de la cryogénie, du magnétisme, des techniques du vide, du transfert thermique, de la neutronique, vous défrichez un territoire nouveau ! En janvier 2015, nous avons réalisé une revue détaillée du projet et avons redéfini un calendrier réaliste, tenant compte des premiers retours d'expérience. Depuis, les 36 jalons qui ont été franchis l'ont tous été dans les temps.

Après le premier plasma programmé en 2025, quelles seront les étapes suivantes ? Le premier plasma en 2025 est une étape absolument « critique ». Si elle se déroule avec succès, elle garantira le bon fonctionnement de la machine. Au préalable, cela voudra dire que tous les grands composants auront été assemblés. Seuls les équipements auxiliaires devront encore être mis en place, afin de permettre la montée en puissance d'ITER et d'obtenir un plasma qui dégagera 500 MW de puissance thermique. Cette première étape franchie, les équipements de collecte de l'énergie seront installés. Cette étape majeure devrait se terminer vers 2028. Elle permettra de valider la phase de pré-fusion, c'est-à-dire de production d'énergie avec de l'hydrogène classique, du deutérium ou de l'hélium. Cela permettra de vérifier que ce premier système de collecte d'énergie fonctionne. Après cette phase, la machine sera disponible pendant 18 mois pour les scientifiques qui souhaiteraient mener des expériences.

Dans un deuxième temps, à partir de 2030, nous installerons des systèmes de chauffage complémentaires indispensables pour parvenir à un plasma de fusion. C'est le cas du système de chauffage par injection de particules neutres qui permet d'accélérer les noyaux d'hydrogène à très grande vitesse pour augmenter le chauffage du plasma et réussir à le porter à la température de fusion de 150 millions de degrés. C'est la température nécessaire pour un plasma auto-entretenu.

En 2032 une nouvelle campagne de travail sur la machine sera offerte aux physiciens. En parallèle sera finalisée la construction de l'installation du cycle du combustible, qui séparera l'hélium produit au sein du plasma par la fusion de l'hydrogène et recyclera le tritium et le deutérium produits par la fusion pour les stocker temporairement et les réinjecter dans la machine. L'objectif est qu'en 2035 ITER atteigne sa pleine puissance.

Si le rêve ITER devient réalité en 2035, quel est le déploiement envisagé à l'échelle industrielle ? Après 2035, pendant 5 ans, les différents paramètres du fonctionnement de la machine seront explorés au maximum. J'ai l'espoir qu'aux alentours de 2040 nous seront suffisamment convaincants pour que les industriels s'intéressent à la machine qui suivra, « DEMO ». Ce sera le premier démonstrateur industriel, c'est-à-dire fonctionnant en continu pour produire de l'énergie, et qui sera cette fois connecté au réseau électrique. Après une dizaine d'années de concertation avec les industriels et de conception d'un réacteur bénéficiant de tous les retours d'expérience d'ITER et de DEMO, nous pensons que dès 2045-2050, la construction de la première centrale à fusion pourra être lancée. Cela prendra sans doute au minimum une dizaine d'années. Au début de la deuxième partie du XXIe siècle, je pense que nous verrons la connexion d'un réacteur de fusion commercial capable de produire de l'électricité et de l'injecter sur le réseau. Si le succès est au rendez-vous, cette technologie, sûre, pilotable, se déploiera rapidement.

Quel regard portez-vous sur les start-up qui développent d'autres concepts de fusion ? Un regard extrêmement bienveillant. Ce sont très souvent des entreprises privées qui ont obtenu un financement auprès d'investisseurs ou de mécènes. C'est la démonstration que le monde considère que la fusion est l'option qu'il nous faut explorer. Evidemment, à ce jour, aucune de ces entreprises n'est capable d'atteindre le niveau d'ITER, qui, au regard de nos connaissances actuelles, est pourtant la condition sine qua non pour avoir de la fusion. Ces projets explorent des pistes totalement innovantes. S'ils réussissent, c'est tant mieux. S'ils démontrent que nous pouvons faire de la fusion avec un coût 10 fois moins élevé, j'en serai ravi. Nous pourrons arrêter le projet ITER. Mais nous ne pouvons bien évidemment pas nous contenter de ces projets parallèles. La conception, la construction, les expériences en cours et à venir concernant ITER nous donnent déjà des résultats extrêmement intéressants d'un point de vue scientifique et technique. Si ces projets de start-up n'aboutissent pas à un projet complet mais à des principes globaux innovants, cela pourra dans tous les cas apporter des améliorations sur ITER, tels que les composants (bobines magnétiques supraconductrices, transferts thermiques, etc.). En tant que projet de référence, ITER n'a de sens que s'il y a beaucoup d'autres programmes nationaux qui préparent son utilisation.

Lire le dossier complet sur la Revue Générale Nucleaire.fr

« Iter, un accélérateur d'emplois en Provence »

La Provence, 11 juin 2018

À l'occasion du forum de St-Paul-lez-Durance, le directeur général Bernard Bigot dresse les perspectives d'embauches.

Résumez-nous ce qu'est Iter... Iter est un projet international de recherches qui construit un équipement unique au monde permettant d'obtenir à grande échelle un plasma d'hydrogène pour produire une énergie semblable à ce qui se passe dans le soleil et les étoiles. Où en est le chantier ? Bernard Bigot : Il a débuté en 2010. Le travail de construction et d'assemblage des composants va se terminer en 2025 pour le début du plasma, avec une montée en puissance jusqu'en 2035.

Combien de personnes y travaillent ? Il y a deux mille personnes sur le chantier et cela devrait monter jusqu'à 3 400 dans les cinq ans à venir. Sans oublier les 850 personnes d'encadrement de l'organisation Iter.

Quels sont les corps de métier nécessaires ? Dans la phase actuelle, il s'agit surtout de métiers du génie civil pour des tâches de ferraillage, banchage ou béton. Bientôt, nous aurons besoin de personnel en tuyauterie, câblerie ou ventilation, puis de spécialistes en compresseurs, pompes à vide, lignes supraconductrices ou équipements de dimension extrême allant jusqu'à 450 tonnes.

Quelle est la part d'entreprises de la région ? Pour l'assemblage et l'installation des composants, fabriqués dans les 35 pays partenaires, les entreprises de proximité sont les mieux placées pour satisfaire aux règles françaises de construction et de droit du travail. Sur le chantier, 60 % des contrats signés et en cours d'exécution le sont avec des entreprises françaises, dont 80 % de la région Paca.

Avez-vous les bonnes compétences sur place ? On essaye d'anticiper. Avec la Région Sud et les services de l'État en charge de l'emploi, on vient de décider la mise en place de différentes formations, notamment une sur deux ans pour les futurs besoins de 100 km de soudure sur 450 km de tuyaux. Il va falloir plusieurs centaines de soudeurs et aucune entreprise ne possède autant de personnel mobilisable en même temps.

Quels emplois allez-vous proposer au Forum de Saint-Paul-lez-Durance ? Les formations et emplois spécifiques au chantier vont être présentés. Mais d'autres entreprises de services qui travaillent sur le site, dans la restauration, le nettoyage, la maintenance ou le gardiennage, vont aussi proposer des postes à pourvoir par le bassin de population locale.

L'organisation Iter embauche-t-elle aussi ? Nous recrutons en moyenne 120 personnes par an, dont une bonne part localement, pour du secrétariat, du classement, de la modélisation numérique ou du dessin industriel.

Quels sont les emplois induits ? Nous versons chaque année 120 millions d'euros de salaires. Sur les 800 employés de l'Organisation Iter, certains ont des revenus élevés en raison de leur compétence rare. Ils dépensent localement dans l'hôtellerie-restauration, les biens d'équipements, les services, l'éducation ou les loisirs.

Combien d'emplois à la fin du chantier ? En 2025, il y aura un millier de personnes permanentes à travailler sur place. Et autant chez les prestataires de service externe. C'est une activité extrêmement soutenue pour les trente prochaines années.

Et d'un point de vue touristique ? L'attractivité d'Iter est très importante, nous accueillons déjà 15 000 visiteurs par an. Ce sont des embauches dans le tourisme en perspective.

Lire l'intégralité de l'entretien.

Nucléaire : nouveau surcoût de 4 milliards pour le projet Iter

Les Echos, le 2 mai 2016

Le projet expérimental de fusion nucléaire en construction en France produira ses premiers résultats avec au mieux cinq ans de retard. ¤ Le budget a presque été multiplié par quatre en dix ans.

C'est un sévère dérapage de calendrier et de budget que s'apprête à acter Iter, le programme international de recherche sur la fusion nucléaire lancé en 2006 par l'Europe, la Chine, l'Inde, le Japon, la Russie, les Etats-Unis et la Corée. Destiné à démontrer la « faisabilité scientifique et technologique de l'énergie de fusion », qui offrirait un rendement beaucoup plus élevé que la fission nucléaire, le démonstrateur en construction à Cadarache (Bouches-du-Rhône) ne devrait pas être à l'oeuvre avant une dizaine d'années.

« Le "premier plasma" devrait être obtenu en 2025 et les premières expériences de fusion en pleine puissance interviendront en 2035 ", indique aux « Echos » Bernard Bigot, directeur général d'Iter Organization depuis début 2015. « Le planning précédent, qui prévoyait un premier plasma en 2020 et une pleine puissance en 2023, était totalement irréaliste », estime-t-il. Un conseil d'Iter doit officialiser ce nouveau calendrier en juin, après avoir estimé, en session extraordinaire jeudi, que le rapport du groupe d'experts indépendants mandaté en novembre validait les propositions d'Iter Organization. Et encore ce nouveau planning est-il optimiste. « Le groupe d'experts indépendants estime que ce calendrier est ambitieux, mais il nous demande de le tenir ", précise Bernard Bigot. L'ancien administrateur général du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) a succédé au Japonais Osamu Motojima début 2015.

Alors que certains scientifiques doutent de la faisabilité de la fusion nucléaire à grande échelle et critiquent depuis des années le poids d'Iter sur les budgets de recherche des pays partenaires, ce nouveau décalage de calendrier va entraîner de lourds surcoûts. « Nous estimons que le nouveau calendrier induira 4 milliards d'euros de surcoûts pour l'ensemble des sept partenaires d'Iter, à ajouter aux 14 à 15 milliards de budget de construction évalué jusqu'à présent », indique Bernard Bigot. Il y a dix ans, le projet avait été lancé avec un coût évalué à 5 milliards d'euros.

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« ITER est un défi scientifique et politique »

Le Journal des Activités Sociales de l'Energie (CCAS), 27 janvier 2017

Pour Bernard Bigot, directeur général d'ITER Organization, "ITER est l'un des très rares projets tous les grands pays se retrouvent, sur plusieurs décennies, pour atteindre un objectif."

ITER est un projet sans précédent, tant par son envergure internationale que par son ambition scientifique et technique. Pourtant, il reste très peu connu du grand public français, hors du monde scientifique et des industries énergétiques. Comment l'expliquez-vous? Ce projet a débuté il y a sept ans dans le cadre d'un grand accord international, mais dans un contexte où il a eu du mal à démarrer. On a annoncé, un peu vite, que la machine serait construite en dix ans, mais chacun était bien convaincu que ce serait impossible. Il s'en est suivi une certaine modestie de communication. On comprend bien qu'il est difficile d'être un promoteur actif d'un projet dont on sait qu'il sera difficile à réaliser dans les délais annoncés. C'est là la première des premières raisons à ce manque de notoriété en France.

Aujourd'hui, la situation est différente. Nous venons de faire valider par les sept partenaires d'ITER un nouveau calendrier prévoyant un premier plasma en 2025 et la pleine puissance, avec fusion du deutérium et du tritium, en 2035. Ce calendrier est aujourd'hui reconnu par tous comme ambitieux, mais réaliste, même s'il peut paraître incroyablement long. Il ne l'est pourtant pas si on le compare à d'autres programmes de cette ampleur. Prenez le Large Hadron Collider (LHC), l'accélérateur de particules du CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire). C'est en 1994 que la décision de sa construction a été prise... et en 2012 que le boson de Higgs a été identifié, une avancée scientifique majeure, grâce au LHC.

Il faut aussi prendre la mesure du fait que l'image d'ITER se mesure à l'échelle des 35 pays qui composent l'organisation, et de ses sept partenaires qui représentent la moitié du monde. Elle est peut-être faible en France, mais il y a eu de nombreuses émissions de télévision très largement suivies sur ITER en Corée du Sud, en Chine, en Russie, au Japon... En Chine, le Premier ministre ou le président de la République sont venus inaugurer en personne des usines fabriquant des pièces pour ITER. De plus, chaque fois qu'on le présente, ITER suscite un vif intérêt, et même une vraie fascination. Chacun reconnaît qu'en cas de réussite ce sera une grande avancée dans l'histoire de l'humanité.

ITER est-il un défi scientifique et technique ou plutôt politique et administratif? Les deux. Il n'y a pas de hiérarchie. Ce projet ne peut progresser que si les sept partenaires sont résolus à avancer ensemble. Aucun pays n'a, seul, les capacités scientifiques, techniques, industrielles ou financières de mener à terme un tel projet. Nous mettrons vignt ans à parvenir. Un seul pays mettrait quatre ou cinq fois plus, soit un siècle. Et aucun pays ne peut se penser à l'échelle d'un siècle. Tous les Etats membres savent très bien qu'ils ont absolument besoin d'explorer des technologies alternatives, fortement innovantes, pour remplacer la consommation massive d'hydrocarbures. ITER représente un enjeu tellement stratégique que je n'ai jamais vus de débats à l'intérieur d'ITER Organization pollués par des considérations de politique nationale.

[...]

Lire l'intégralité de l'entretien. (Photo : E.Raz/CCAS)

 

Bernard Bigot : «Trois années critiques pour l'avenir d'Iter»

Le Figaro, 18 octobre 2016

Aux commandes depuis 2015 du projet international du réacteur de fusion nucléaire, Bernard Bigot explique pourquoi ce monumental projet de recherche peut encore traverser des zones de turbulences. Après des problèmes d'organisation et des retards en chaîne qui menaçaient la survie du programme, le chantier sur le site de Cadarache (Bouches-du-Rhône) est désormais remis sur les rails. Mais le calendrier initial a été rallongé d'au moins cinq ans et le coût majoré de 4 milliards d'euros.

Quelle est l'estimation du coût global du projet? « Le coût global d'Iter est estimé entre 18 et 20 milliards d'euros pour la phase de construction, y compris les surcoûts et l'allongement de la durée du projet récemment annoncés après la revue approfondie du calendrier. »

Peut-on attendre encore de mauvaises surprises? « C'est toujours possible. Nous avons l'expérience de sept ans et l'immense majorité des contrats sont passés. L'estimation a été effectuée avec les fournisseurs. Mais il reste encore une grande zone d'incertitude, par exemple avec le «neutral beam heating system», le chauffage par injection de particules à très grande vitesse. Cette installation est en cours d'élaboration à Padoue, en Italie. Cela n'a jamais été fait à des puissances aussi élevées. Il y a donc des incertitudes, comme dans tous les projets de recherche. »

Tandis que le chantier est bien engagé, l'Europe va apporter au plus 6,6 milliards d'euros jusqu'en 2020. Que va-t-il se passer après? « Les pays se sont accordés sur une estimation lacunaire des coûts par rapport à l'estimation de 2010. L'Europe doit maintenant s'engager politiquement. L'exercice budgétaire sera préparé en 2018 et 2019. Pendant cette période, il faudra arriver à convaincre. Si le projet a suffisamment avancé, et si l'on a démontré que les surcoûts estimés sont en ligne avec nos prévisions, alors le Parlement européen sera en position de voter un nouveau budget. Mais j'ai besoin d'avoir un aval politique de l'Europe et des partenaires le plus rapidement possible, dès le prochain conseil d'Iter qui se tiendra les 15 et 16 novembre. Le risque politique existe toujours. Cela veut donc dire que les trois prochaines années sont critiques pour l'avenir du projet Iter. Car le plus grand partenaire devra prendre une décision politique puis budgétaire pour annoncer s'il fait face ou non aux dépassements de coûts pour la période 2020-2025. Le surcoût sera important: environ 2,5 milliards d'euros pour l'Europe et autour de 500 millions pour chaque autre partenaire. »

Lire l'article (la totalité de l'article est réservée aux abonnés).

Nouveau surcoût de 4 milliards pour le projet Iter

Les Echos, 2 mai 2016

Le projet expérimental de fusion nucléaire en construction en France produira ses premiers résultats avec au mieux cinq ans de retard. « Le "premier plasma" devrait être obtenu en 2025 et les premières expériences de fusion en pleine puissance interviendront en 2035 », indique aux « Echos » Bernard Bigot, directeur général d'Iter Organization depuis début 2015. « Le planning précédent, qui prévoyait un premier plasma en 2020 et une pleine puissance en 2023, était totalement irréaliste », estime-t-il. Un conseil d'Iter doit officialiser ce nouveau calendrier en juin.

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Bernard Bigot: «Un seul centre de décision pour ITER»

Le Temps, 22 septembre 2015

Dans un entretien qui est apparu dans le quotidien suisse Le Temps, le directeur général d'ITER, Bernard Bigot, parle des réformes qu'il a mises en place depuis son arrivée à la tête du programme.

« [Ma priorité c'est] d'abord de travailler de manière intégrée. Avant, il y avait une direction du projet et sept «agences domestiques» qui livraient leur contribution en nature. Ces entités constituaient toutes des centres de décision très indépendants. J'ai exigé que l'on n'ait plus qu'un seul centre de décision sous l'autorité du DG. J'ai aussi prôné un processus décisionnel clair: le DG a la capacité, avec les moyens matériels, managériaux et financiers, de prendre toute décision sur le plan technique. Enfin, je veux distiller dans toute l'organisation une vraie culture de projet. Tous les acteurs doivent se sentir responsables non seulement de leurs propres tâches, mais aussi de la globalité du projet. »

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Le premier convoi grandeur nature qui met Iter en orbite

La Provence, 12 janvier 2015

Un tout petit convoi de 126 tonnes, de 20 mètres de long, 3,3 de large, haut d'à peine 5 mètres. Lilliputien par rapport aux gabarits XXL qui sont attendus, allant jusqu'à leur pesant de 800 tonnes. Mais il est lourd en symbole, ce premier convoi Iter grandeur nature qui va s'ébranler, dans la nuit du 13 au 14 janvier, depuis Berre-l'Étang pour arriver à Cadarache.

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Embarquement pour Iter

Libération, le 27 novembre 2014

Bernard Bigot quitte le Commissariat à l'énergie atomique pour remettre sur les rails le réacteur thermonucléaire expérimental international qui pourrait, à très long terme, ouvrir une alternative pour la production massive d'électricité.

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À voir

Des photos, des actualités ... à voir et à partager.

Photos

2020 2019 2018 2017 2016 2015
22 Juin 2020

Le chantier ITER vu par drone (juin 2020)

Aujourd'hui, environ 75% de l'infrastructure requise pour le premier plasma est réalisée sur le chantier ITER. Dans cette vidéo filmée en juin 2020 par drone, laissez-vous guider au-dessus, à côté de, et entre les bâtiments qui abriteront le plus grand tokamak au monde et ses systèmes annexes.

05 Juin 2020

Saint Paul Lez Durance : Le Tokamak d'Iter se construit pas à pas

« C'est un chantier toujours en mouvement, mais qui suit littéralement son chemin. ITER : derrière les murs épais se cache le plus grand projet d'avenir en cours - la construction du tokamak, une machine conçue pour démontrer la faisabilité de l'énergie de fusion ou, plus simplement, qui vise à reproduire l'énergie du soleil. »

Suivre l'équipe d'ALTO Dici TV dans une visite au centre d'ITER, où la première pièce de la machine vient d'être posée.

02 Juin 2020

Premier élément de la machine

Le premier élément de la machine ITER—la base du cryostat (1 250 tonnes) — a été positionné avec succès au fond de la fosse d'assemblage le mardi 26 mai 2020. Revivez l'événement en vidéo. [audio en anglais]

27 Avril 2020

Comment la Corée a fabriqué le premier secteur de la chambre à vide

Au mois d'avril 2020, Hyundai Heavy Industries, en Corée, a parachevé le premier secteur de la chambre à vide, un colosse de 440 tonnes et un niveau de complexité hors norme. Dix ans d'efforts sont racontés dans cette vidéo de 7 minutes produite par les équipes qui ont été au plus près de l'action (vidéo en coréen, avec des sous-titres en anglais).

25 Février 2020

L'énergie qu'on invente ici peut sauver la planète

La télévision des Alpes du Sud, D!CI TV, a fait un reportage sur  ITER en février. Sur cette séquence, le directeur-général du programme, Bernard Bigot, décrit les enjeux de la fusion.

15 Mai 2018

L'usine cryogénique (Air Liquide)

A la société Air Liquide, plus de 100 employées œuvrent depuis cinq ans à la conception, la fabrication, et maintenant l'installation de l'usine cryogénique d'ITER. Cette vidéo nous démontre toute la complexité de la plus grande usine cryogénique au monde.

14 Mai 2018

Big Bang Eco 2018 (Le Figaro)

Le directeur général d'ITER a été l'invité du Figaro pour le deuxième BIG BANG ECO le 10 avril 2018. Se sont suivis sur la scène et devant le camera : chefs d'entreprise, scientifiques, et philosophes autour de la révolution numérique ou technologique.

15 Novembre 2017

Entretien avec Bernard Bigot (VINCI Energies)

Bernard Bigot, directeur général d'ITER Organization, explique le principe du mégaprojet pour la fusion ITER, son fonctionnement et ses enjeux majeurs.

29 Septembre 2017

NBTF, ou l'optimisation du système d'injection de neutres

C'est en Italie (Consortium RFX, Padoue) que les technologies clés du système de chauffage par injection de neutres seront testés à l'échelle un—dans un programme de recherche et de développement qui implique ITER Organization ; les agences domestiques de l'Europe, du Japon et de l'Inde ; et le gouvernement italien (bâtiments, infrastructures).

Les bancs de test SPIDER (pour le développement et l'optimisation de la source d'ions négatifs) et MITICA (un injecteur à échelle un) permettront de valider les choix technologiques faits pour ITER bien avant l'entrée en scène de ce système, qui jouera un rôle important dans le chauffage du plasma.

Cette vidéo, filmée par les équipes de Consorzio RFX en septembre 2017, permet de visualiser les progrès en cours dans l'installation des bancs de test.

03 Octobre 2016

La fusion nucléaire peut-elle nous sauver ?

Reproduire « l'énergie du soleil » par la fusion nucléaire : ce défi, certains chercheurs l'annoncent depuis des décennies comme une vraie possibilité technique. Avec ARTE Futuremag, faisons le point.

11 Février 2016

L'énergie de fusion au cœur de Monaco (MonacoInfo)

Monaco Info était présent lors des Journées de la Fusion (Monaco ITER International Fusion Energy Days, MIIFED) en février 2016. A cette occasion, ils ont interviewé le directeur-général du programme, Bernard Bigot, sur les enjeux de la fusion et la promesse d'une énergie propre, sure, et fondée sur des combustibles inépuisables.

©MonacoInfo 

10 Novembre 2015

Assemblage du Tokamak ITER: Le plus grand Meccano du monde

L'assemblage de la machine: les dimensions et le poids des principaux éléments, les tolérances infimes, et les opérations très précises qu'implique le montage de ces systèmes particulièrement imposants sont autant d'éléments qui font d'ITER un défi technique et logistique sans équivalent.

Bio

A propos du Directeur

Bernard Bigot, 65 ans, qui vient d'être nommé à la tête du programme international de recherche ITER, a poursuivi une triple carrière, scientifique, universitaire et administrative.
 
Ancien élève de la prestigieuse Ecole normale supérieure de Saint-Cloud (devenue en 1987 Ecole normale supérieure de Lyon), agrégé de sciences physiques et titulaire d'un doctorat de 3ème cycle en chimie physique et d'un doctorat d'Etat en sciences physiques, il est l'auteur de plus de 70 publications scientifiques dans le domaine de la chimie théorique.
 
Il est à l'origine de la création de l'Ecole normale supérieure de Lyon, dont il a été successivement, en tant que professeur des Universités, directeur adjoint chargé des études (1986-1993), puis directeur adjoint chargé de la recherche (1998-2000) et directeur (2000-2003).
 
Parallèlement à son activité de chercheur et d'enseignant, Bernard Bigot a occupé d'importantes fonctions au sein des ministères de l'Education nationale et de la Recherche : Chef de la Mission Scientifique et Technique, puis directeur général de la Recherche (1993-1997), directeur de cabinet de la ministre déléguée à la Recherche et aux nouvelles technologies (Claudie Haigneré) et directeur adjoint de 2002 à 2003 du Cabinet du ministre de la Jeunesse, de l'Education nationale et de la Recherche (Luc Ferry) lorsque la France s'est portée candidate à l'accueil du programme ITER sur son territoire.
 
Nommé Haut-commissaire à l'Energie atomique en 2003, il effectuera deux mandats avant de devenir Directeur général du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et d'effectuer également deux mandats dans cette fonction (2009-2012 et 2012-2015) tout en assumant, depuis 2008 et par délégation du gouvernement français, les fonctions de haut-représentant pour l'accueil en France du programme ITER (HRFI).

A ces divers titres, il a été associé et a suivi de près le développement du programme ITER et participé à toutes les réunions du Conseil ITER depuis sa création.
 
Dans ses différentes fonctions et responsabilités, Bernard Bigot a initié de nombreuses collaborations internationales avec l'ensemble des pays qui sont aujourd'hui les « Membres d'ITER ».
 
Bernard Bigot est Commandeur de la Légion d'honneur, Commandeur dans l'Ordre Royal Suédois de l'Etoile Polaire et Officier dans l'Ordre National du Mérite. Il a reçu au mois d'octobre 2014 l'Etoile d'Or et d'Argent dans l'Ordre Japonais du Soleil Levant.

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