Science

Le code de simulation magnétohydrodynamique JOREK désormais disponible en accès libre

19 oct 2026 - F. J. Artola, Section Expériences et opérations plasma, Division Science

La mise à disposition du code JOREK sous licence libre permettra à un plus grand nombre de scientifiques de contribuer à son développement et de valider ses résultats par comparaison avec les données expérimentales.

Figure 1. Simulation JOREK de l’évolution du profil de température du plasma après l’injection de glaçons fragmentés destinés à atténuer une disruption [D. Hu et al 2024 Nucl. Fusion 64 086005].

Comme l’a récemment annoncé EUROfusion, le code JOREK est désormais accessible à l’ensemble de la communauté scientifique internationale travaillant sur la fusion, depuis la collection ITER IMAS. JOREK est un code de référence pour la simulation des instabilités magnétohydrodynamiques du plasma, auquel des membres d’ITER Organization ont contribué en développant de nouvelles fonctionnalités.

JOREK est largement utilisé pour modéliser les disruptions, qui constituent les instabilités les plus violentes du plasma dans les tokamaks, ainsi que les charges thermiques et électromagnétiques qu’elles exercent sur les composants installés à l’intérieur de la chambre à vide d’ITER pour la protéger des effets du plasma et des neutrons (voir figure 2).

Mais sa principale application pour ITER concerne l’étude et l’amélioration de l’efficacité des dispositifs d’atténuation des disruptions. JOREK permet notamment de simuler avec précision les phénomènes physiques associés à l’injection de glaçons cryogéniques fragmentés, ainsi que l’évolution tridimensionnelle du champ magnétique qui en résulte. Cette évolution détermine la manière dont l’énergie et les particules, notamment les électrons découplés (runaway electrons), se déposent lors des fortes perturbations du plasma qui accompagnent les disruptions.

Pour en savoir plus sur JOREK, voir le communiqué d’EUROfusion.

Figure 2. Température maximale à la surface de la première paroi en tungstène d’ITER (à gauche ; les zones noires correspondent aux endroits où la température de fusion du tungstène est atteinte) et durée pendant laquelle le tungstène reste à l’état liquide (à droite), lors d’un événement de déplacement vertical non atténué à 15 MA. La surface de la première paroi est représentée en coordonnées toroïdales (Φ) et poloïdales (θ), les indices correspondant à la numérotation des différentes rangées toroïdales de panneaux de première paroi d’ITER. [F. J. Artola et al., 2026, Nucl. Fusion 66 086036]