3e Atelier ITER-secteur privé

La conversation s'intensifie

Trois réunions en trois ans. L'édition 2026 de l'atelier ITER-secteur privé sur la fusion a réuni 300 personnes sur le site d'ITER au mois d'avril. Objectif ? Faire le point sur les innovations technologiques en cours de développement et sur l'essor des partenariats public-privé visant à accélérer la transition vers la fusion commerciale.

C'était la troisième fois qu'ITER Organization invitait les acteurs du secteur privé de la fusion. Le programme de cette année était centré sur la technologie et sur les partenariats public-privé qui se mettent en place pour accélérer le passage des dispositifs expérimentaux vers des systèmes prêts à être déployés.

Du 27 au 30 avril 2026, des représentants d'entreprises privées du secteur de la fusion, d'instituts de recherche, de fournisseurs, d'associations professionnelles, d'investisseurs et d'ONG se sont rendus sur le site d'ITER à l'occasion de ce troisième atelier public-privé.

Le programme de cette année était centré sur la technologie : comment l'innovation s'addresse aux des défis persistants, comment elle se déploie à différentes échelles dans l'écosystème, et quelles leçons peuvent être tirées de l'expérience d'ITER.

Placée sous le slogan « Fusion : une quête commune », la rencontre a proposé deux journées de tables rondes, d'ateliers thématiques, de moments de partage, et de rencontres avec des experts d'ITER. Deux autres journées ont été consacrées à des visites sur mesure, offrant un accès exceptionnel à des activités d'assemblage inédites : robot de manutention « Godzilla », essais dans le laboratoire du vide, ou encore préparatifs de l'installation d'essais à froid des aimants.

« Je suis très heureux que nous ayons pu maintenir ce dialogue », a déclaré Pietro Barabaschi, directeur général d’ITER, en accueillant les participants. « Nous ne sommes pas seulement ici pour mener à bien le projet ITER, nous sommes aussi là pour soutenir le secteur privé et contribuer à accélérer la mise en œuvre de l'énergie de fusion. Je suis convaincu que l’expérience technique d’ITER peut vous être utile. » 

La salle était comble pour la session consacrée aux enseignements tirés de la construction et de l'assemblage d'ITER.

Olga Bakardzhieva, directrice des affaires européennes de la Fusion Industry Association, a donné le ton lors de la table ronde d'ouverture. Elle a décrit un écosystème en pleine évolution : au moins 5 000 emplois dans le secteur de la fusion, 10 000 dans sa chaîne d’approvisionnement, et plus de 10 milliards de dollars d'investissements privés. « Il ne s'agit pas d'un essor éphémère, mais d'une dynamique durable », a-t-elle souligné. « La fusion fait désormais partie des débats sur la résilience énergétique et l’autonomie stratégique. Les gouvernements se posent de plus en plus la question : À quelle vitesse pouvons-nous construire ? »

Bernard Blanc a insisté sur la nécessité d’une vision politique claire et de long terme. Représentant l'European Fusion Association, qui regroupe 60 membres industriels, il a souligné l'importance de signaux cohérents pour encourager des investissements industriels durables. « Nous disposons aujourd'hui de la capacité industrielle en Europe. La question est : pouvons-nous la mobiliser ? »

Lors d'une session consacrée aux partenariats public-privé et aux feuilles de route vers la fusion commerciale, un consensus s'est dégagé : le potentiel de la fusion suscite un intérêt croissant dans l'ensemble de la société. Les gouvernements s'appuient activement sur les laboratoires nationaux, les entreprises privées, les universités et les instituts de recherche pour mettre en œuvre leurs stratégies. Au Japon, le gouvernement cherche même à élargir la participation à des secteurs tels que l’assurance, la finance, l’énergie et la logistique afin, selon Masatsugu Sakaguchi de l’association J-Fusion, de « préparer le déploiement de l’énergie de fusion dans la société ».

Un XPRIZE pour la fusion ?

Phil LaRochelle, associé chez Breakthrough Energy Ventures, a présenté, lors du 3e atelier public-privé, l'idée d'un prix XPRIZE dédié à la fusion. Selon lui, ce prix pourrait catalyser des investissements à grande échelle et attirer l'attention du public, à l'instar de ce que les prix précédents ont fait pour les vols spatiaux privés et les technologies climatiques. L’initiative en est encore à la phase de conception et M. LaRochelle a lancé un appel à la communauté de la fusion pour l'aider à définir les principaux défis techniques qui devraient constituer ses objectifs. « Le superpouvoir de XPRIZE est de convaincre le monde que des technologies révolutionnaires sont possibles plus tôt que prévu », a-t-il déclaré. « La fusion est une course mondiale, mais contrairement à la course à l'espace, quel que soit le gagnant, tout le monde en profite. »

Forte de plusieurs décennies d'expérience dans la conception et la construction d'un réacteur à fusion, ITER Organization se positionne comme un « facilitateur », explique Laban Coblentz, conseiller stratégique en chef et organisateur des ateliers depuis leur création. « À ITER, nous comprenons comment les secteurs public et privé se complètent. Nous voulons faciliter la recherche de solutions aux défis qui restent à relever. »

Les consultations menées avec les acteurs du secteur privé, notamment lors des ateliers de 2024 et 2025, ont permis d’identifier des moyens concrets de partage des connaissances. Aujourd’hui, un guichet unique centralise les demandes dans le cadre du projet « Private Sector Fusion Engagement ». (Consultez la nouvelle page de ressources ici.)

Comme l'a conclu Mme Bakardzhieva, « la fusion ne consiste plus seulement à démontrer ce qui est possible, mais à fournir ce qui est nécessaire ».

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