Assemblage de la chambre à vide

Installation réussie d’un quatrième module

L’expérience acquise lors des précédentes opérations, combinée à une vigilance extrême, a permis de mener à bien l’installation d’un quatrième module de la chambre à vide dans le puits du tokamak. 

Quatre éléments sont désormais en place dans le puits d’assemblage : au petit matin du jeudi 29 janvier, le module de secteur n° 8 a entamé sa descente pour venir s’insérer aux côtés des modules 7, 6 et 5.

La précision du système de métrologie et la dextérité de l’équipe d’assemblage ont de nouveau été mises à l’épreuve durant les deux jours de l’opération, les 28 et 29 janvier. La clé de la réussite ? Aborder l’installation de ce nouveau module comme une toute nouvelle opération, et non comme la quatrième d’une série. 

Chaque opération de levage présente ses propres spécificités. Dans le cas du module de secteur n° 8, le point le plus délicat était la gestion de l’espace minime entre le sommet de la charge et la poutre de soutien située au-dessus. Cet espace s'est en effet réduit sous l’effet des pressions de levage, passant de quelques millimètres à seulement 0,4 mm à peine.

« Cette opération était une excellente occasion de confirmer la fiabilité de nos capteurs et notre capacité à nous adapter à des marges de manœuvre réduites, explique Mathieu Demeyere, le chef de travaux qui a supervisé l’opération pour ITER. Lors des prochaines étapes de l’assemblage, il faudra déplacer les éléments dans des espaces très restreints et nous savons désormais que nous sommes capables de nous adapter à des marges extrêmement étroites. »

La procédure de mise en place du module de secteur n° 8 (1 300 tonnes) dans le puits d’assemblage du tokamak a débuté par des réunions préparatoires le matin du 28 janvier et s’est terminée par « l’atterrissage » de l’élément le 29 janvier au soir. Dès le début, les chefs d’équipe ont mis en garde leurs techniciens contre tout excès de confiance. Même s'ils avaient déjà participé à la mise en place de trois autres modules en 2025, il ne s’agissait en aucun cas d’une opération de routine. Cette vigilance s’est révélée vitale lorsque les capteurs ont détecté que l’espace entre la charge et la poutre de soutien s’amenuisait. Les équipes ont alors dû prendre des précautions supplémentaires pour éviter tout contact.

Au cours de l’après-midi du 28 janvier, le directeur général Pietro Barabaschi a assisté aux préparatifs de l’opération de levage.

« L’assemblage de la chambre à vide progresse rapidement et tout se passe bien jusqu’à présent, mais nous devons nous montrer particulièrement vigilants, dit Gael Hardy, le technicien de levage de Framatome qui a contribué à l’installation de tous les modules de secteur. Nous restons extrêmement attentifs afin de détecter les moindres signaux et de gérer les variations qui se présentent, comme nous l’avons fait pour le module de secteur n° 8. »

La sécurité des opérations fait l’objet du même niveau de vigilance. L’installation d’un module de secteur est une intervention de deux jours, menée par deux équipes qui travaillent chacune 12 heures en alternance. Chaque équipe est supervisée par un expert en santé, sécurité et environnement (SSE) afin de minimiser les risques auxquels sont exposés les techniciens.

« Même s’il s’agissait de la quatrième intervention de ce type, nous avons abordé l’installation du module de secteur 8 comme une toute nouvelle opération, souligne Clément Vautrin, l’ingénieur SSE qui a supervisé deux des équipes de 12 heures. Jusqu’à présent, nous avons obtenu de bons résultats en matière de sécurité car nous avons traité chaque installation comme une intervention spécifique. »

Deux des quatre modules de secteur sont visibles dans cette image : sur la gauche, le module n° 8 (qui n’a pas encore tout à fait atteint sa position finale) et, sur la droite, le module n° 5.

Quelques ajustements seront encore nécessaires sur ce module au cours des prochaines semaines. Un petit déplacement radial de 140 mm permettra de le rapprocher de la colonne centrale. Les bobines du module n° 8 seront ensuite couplées à celles du module n° 7 adjacent.

En 2025, les équipes d’assemblage ont installés trois modules de la chambre à vide (les modules n° 7, 6 et 5). Le planning de l’année 2026 est encore plus ambitieux, puisqu'il prévoit l'installation de quatre modules. 

Les enseignements tirés de l’installation du module de secteur n° 8, notamment l’adaptation à des tolérances extrêmement étroites, se révèleront particulièrement utiles lorsque l’espace disponible dans le puits d’assemblage continue de s’amenuir avec chaque nouvelle opération et qu'il faudra positionner, d’ici quelques mois, un élément de la chambre à vide entre deux modules déjà en place (et non pas seulement à la suite de)—une opération qui exigera le même type de précision extrême que celle démontrée la semaine dernière. 

Découvrez la vidéo de l’opération de levage sur la page YouTube d’ITER.