À plein galop pour l’Année du Cheval
Alors que l’assemblage de la chambre à vide progresse plus rapidement que prévu, cette activité, l'une des plus complexes et des plus longues de la phase d'assemblage de la machine, illustre les avantages de l’expérience acquise et de la coordination. Le consortium CNPE, dont le rôle s’est progressivement élargi, fait partie des équipes qui contribuent à cette avancée.
Dans les jours précédant le début du Nouvel An chinois de février 2026, une cérémonie a été organisée pour célébrer un nouveau transfert réussi d’un module de la chambre à vide vers le puits du tokamak. L'équipe était enthousiaste : après des retards dus à la pandémie et à des réparations, l’assemblage de la chambre à vide n’était pas seulement revenu sur les rails, il avait même pris de l’avance sur le calendrier.
Au milieu des conversations animées, le directeur général d’ITER, Pietro Barabaschi, le responsable du projet de construction, Sergio Orlandi, et le directeur du programme d’assemblage, Jens Reich, ont pris un moment pour souligner la contribution du consortium CNPE, l’une des équipes industrielles soutenant les activités d’assemblage de la machine.
« Il est particulièrement approprié que nous soyons sur le point d’entrer dans l’Année du Cheval de Feu », a déclaré Jens Reich. « Dans le zodiaque chinois, le cheval est associé à l’élan vers l’avant et aux progrès rapides, et c’est précisément ce que nous avons réussi à accomplir ensemble à ITER grâce au soutien du consortium CNPE. »
Le consortium CNPE a rejoint le projet en 2019 en signant le contrat TAC1. Il était alors chargé de l’installation de composants majeurs tels que le cryostat et les aimants. À cette époque, le consortium se composait de quatre partenaires chinois (China Nuclear Power Engineering Co., China Nuclear Industry 23 Construction Company, Southwestern Institute of Physics et Institute of Plasma Physics de l’Académie chinoise des sciences) et d’un partenaire français, Framatome. Depuis le lancement de ce contrat, son périmètre d’intervention et son impact n’ont cessé de s’étendre.
Le consortium est désormais également responsable du sous-assemblage des modules de la chambre à vide, de leur assemblage dans le puits (à l’exception du soudage), ainsi que du positionnement et de la préparation des secteurs en vue du soudage. Parallèlement à ces nouvelles activités, le nombre de personnes présentes sur le site est passé de 90 à 220, et le consortium a élargi son réseau de partenaires industriels, notamment en intégrant l'entreprise italienne SIMIC.
« Je pense que nous en sommes arrivés là grâce à notre solide historique de réussite », explique Tai Jiang, le responsable sortant du consortium CNPE. « Cette réussite est due à deux facteurs principaux : le soutien de la direction d’ITER, car nous dépendons de l’ingénierie, des achats, des équipements et la rapidité des prises de décision, et le fait que notre consortium rassemble une équipe solide aux compétences complémentaires, allant de la construction nucléaire à l’expertise en fusion, en passant par une connaissance approfondie du contexte réglementaire et industriel français. »
Le consortium a joué un rôle important dans l’optimisation du processus d’assemblage des modules de la chambre à vide. Lorsqu’elle a repris cette activité en février 2024, l’équipe a pu s’appuyer sur l’expérience acquise et les enseignements tirés du passé pour améliorer les systèmes dans tous les domaines, de la gestion documentaire à l’installation des supports de diagnostic sur les surfaces internes et externes des secteurs.
« Nous avons optimisé autant que possible les activités du chemin critique et réalisé beaucoup plus de travaux en parallèle qu'en séquence. Cela nous a permis de réduire considérablement la durée globale », explique Wang Peng, directeur adjoint du projet au sein du consortium CNPE, qui a supervisé le contrat de préassemblage des secteurs pendant ses deux premières années.
En effet, alors qu’il fallait 7,4 mois au consortium pour achever son premier module — depuis l’arrivée du secteur dans l’outillage jusqu’à son installation dans le puits du tokamak — ce délai est désormais réduit à 5,5 mois.
Grâce à ces gains d’efficacité, la date prévue pour le transfert du dernier module de secteur dans le puits d'assemblage a été avancée de décembre 2027 à juin 2027. « C’est une très belle réussite, car ces six mois supplémentaires créent de la flexibilité dans le calendrier global et constitueront une marge précieuse pour faire face à d’éventuels défis techniques futurs », explique Jens Reich.
Les enseignements tirés créent également un cercle vertueux à mesure que le consortium CNPE s’implique dans d’autres aspects de l’assemblage de la machine. L’équipe centrale travaille désormais sur le projet depuis près de sept ans, accumulant à la fois une expertise technique et une connaissance approfondie du projet. Pour Framatome, qui se concentre principalement sur la santé, la sécurité, l’environnement et l’assurance qualité, cette continuité constitue l’une des clés du succès.
« Nous avons pu appliquer ces connaissances et cette expérience acquises à l’ensemble de nos activités à ITER », déclare John-Morgan Coulet, responsable du projet ITER chez Framatome. « Maintenir les mêmes équipes et évoluer ensemble est essentiel lorsqu’on travaille sur un projet aussi long. »
Cette continuité sera indispensable pour la suite. Après l’installation du dernier module dans le puits, en 2027, d’autres étapes cruciales attendent le consortium CNPE, comme la poursuite des opérations de transfert de charge de la chambre à vide et la précompression des bobines du champ toroïdal. Même lorsque l’Année du Cheval prendra fin, l’assemblage du tokamak continuera à plein régime.