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ITER et la sûreté

La Machine

Conformément à la réglementation, ITER Organization se soumet régulièrement aux contrôles et inspections des autorités nucléaires françaises. Photo ITER Organization, avril 2012 (Click to view larger version...)
Conformément à la réglementation, ITER Organization se soumet régulièrement aux contrôles et inspections des autorités nucléaires françaises. Photo ITER Organization, avril 2012
Le tokamak ITER — le plus puissant jamais construit et le seul à même d'assurer une production nette d'énergie—est conçu pour démontrer la faisabilité scientifique et technologique de l'énergie de fusion. Il lui appartiendra également de démontrer la sûreté d'une installation de fusion et son absence d'impact sur les populations et l'environnement.

Dans cette perspective, une étape décisive a été franchie au mois de novembre 2012 quand ITER Organization, après un examen rigoureux de ses dossiers de sûreté (environ 5 000 pages de documentation) a obtenu du gouvernement français l'autorisation de création de l'installation nucléaire ITER et en est devenu l'opérateur nucléaire. 

Pour la première fois, une installation de fusion était soumise à l'ensemble des procédures conduisant à l'autorisation de création d'une « installation nucléaire de base » (INB). Pendant toute la durée de vie de l'installation—construction, tests intégrés préalables et exploitation — ITER se conformera à la réglementation de sûreté nucléaire française et sera régulièrement inspectée par l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).

La Commission locale d'information auprès du site ITER (CLI ITER) a été créée en 2009 en application de la loi Transparence et Sécurité Nucléaire de 2006.
Une Commission locale d'information auprès du site ITER (CLI CADARACHE) a été créée en application de la loi Transparence et Sécurité Nucléaire de 2006. Composée d'élus, de représentants des milieux associatif, syndical et économique et de professionnels de la santé, c'est une instance indépendante de suivi, d'information et de concertation pour ce qui concerne la sûreté nucléaire, la radioprotection et l'impact sur l'environnement et les personnes d'ITER. L'exploitant nucléaire (ITER Organization) et l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) lui communiquent toutes les informations utiles à l'exercice de sa mission et assistent à ses travaux.

Un accident semblable à celui de Fukushima ne peut en aucun cas se produire dans ITER. Et ce, pour une raison simple : la réaction de fusion et les technologies d'un réacteur de fusion sont fondamentalement différentes de celles d'un réacteur de fission—la physique de la fusion exclut tout risque d'emballement de la réaction ou de fonte du cœur. La fusion est intrinsèquement sûre.

Dans un réacteur de fusion, l'alimentation en combustible se fait de manière continue. L'enceinte au sein de laquelle les réactions se produisent ne contient jamais plus de quelques grammes de combustible, une quantité qui ne peut alimenter la réaction au-delà de quelques secondes. En cas de perturbation, ou si l'ensemble des paramètres (température, confinement, etc.) n'est pas nominal, le plasma se refroidit de manière quasi-instantanée et les réactions cessent.

La perte hypothétique de la fonction de refroidissement, en cas de dommage consécutif à un séisme par exemple, n'aurait pas d'impact sur les barrières de confinement de l'installation. La température des parois de la chambre à vide, qui constitue la première barrière de confinement, demeurerait dans tous les cas inférieure au seuil de fusion des matériaux.

Le combustible de la machine ITER est un mélange gazeux constitué à parts égales de deutérium et de tritium, deux isotopes de l'hydrogène. Le tritium est un élément qui, bien que faiblement radioactif, doit être confiné de manière extrêmement rigoureuse — c'est là l'un des objectifs de sûreté majeurs de l'installation ITER.

Pour éviter tout risque de relâchement de tritium, plusieurs  barrières se dressent entre l'installation et l'environnement.

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Les parois de la chambre à vide constituent la première de ces barrières de sûreté. La deuxième est formée par les bâtiments et les systèmes de détritiation chargés d'extraire le tritium des gaz et des liquides. Dans les zones où le tritium fait l'objet de manutention, l'organisation des locaux en cascades de pressions atmosphériques négatives empêchera toute diffusion du tritium de l'intérieur vers l'extérieur.

Dans l'hypothèse d'une perte accidentelle du confinement au sein du tokamak, les niveaux de radioactivité à l'extérieur de l'enceinte demeureront très faibles. Le rapport préliminaire de sûreté d'ITER a démontré que, en fonctionnement normal, l'impact radiologique de l'installation sur les populations les plus exposées sera mille fois inférieur à celui du « bruit de fond » du rayonnement naturel.

L'accident le plus grave (incendie dans l'usine tritium) n'implique pas l'évacuation des populations riveraines.

Contrairement aux réacteurs nucléaires conventionnels (fission) les réacteurs de fusion ne produisent pas de déchets radioactifs de haute activité à vie longue. Le combustible « usé » est un gaz inerte, l'hélium. L'activation des matériaux, consécutive à l'impact des neutrons de haute énergie générera des déchets classés comme très faiblement, faiblement ou moyennement radioactifs. Tous les déchets (mais également les éléments remplacés pendant la période d'exploitation) seront traités, conditionnés et entreposés sur le site.

La demi-vie des radioéléments présents dans les déchets issus d'une installation de fusion ne dépasse pas la dizaine d'années. En conséquence, au terme d'une période de cent ans suivant la mise à l'arrêt, les matériaux issus du démantèlement de l'installation pourront être recyclés ou réutilisés.

Ce délai de 100 ans pourrait être encore réduit dans les installations du futur grâce au développement de matériaux « à faible activation », qui font l'objet d'un important programme de R & D international.

Pour plus d'information sur « La sûreté d'ITER » et « ITER et l'environnement », se reporter à la page Foire aux questions.